DECLARATION

A L’OCCASION DU SOMMET MONDIAL DE L’AIDE HUMANITAIRE D’ISTANBUL 23-24 MAI 2016

 " AFRICAN DIASPORA NETWORK IN EUROPE -ADNE "

Bruxelles, 19 mai 2016

 

 

EXPLICATION DU CONTEXTE

Les enjeux humanitaires font peser une menace universelle à l’humanité. Depuis quelques décennies, les crises humanitaires ont augmenté en nombre et en ampleur. De graves conflits tels que la crise en Syrie, en Iraq, au Yémen, au Soudan du Sud, en République centrafricaine, à l’Est du Congo, au Burundi ; le changement climatique, des catastrophes naturelles ou des épidémies comme la crise d'Ebola en Afrique de l'Ouest ne cessent de générer les besoins en assistance humanitaire. Le nombre de réfugiés et de déplacés augmente de façon exponentielle. Plusieurs personnes dans le monde tentent d’échapper à l’horreur parfois au péril de leur vie comme le témoigne la crise migratoire en Europe.

L’écart entre les besoins humanitaires et les moyens disponibles se creuse jour après jour, d’où le besoin d’un sommet mondial de l’aide humanitaire qui examinera les mesures à prendre pour venir à bout de tous ces problèmes qui poussent le système  humanitaire à l’essoufflement.

Le sommet humanitaire mondial, qui aura lieu du 23 au 24 mai 2016 à Istanbul, a pour but de restructurer et d’adapter le système humanitaire aux défis actuels afin de rendre l'action humanitaire plus efficace, plus effective et plus cohérente. Il vise également à définir les moyens essentiels pour la coordination efficace de l'aide humanitaire et de l’aide au développement, en mettant surtout l'accent sur la prévention, l'anticipation, la résilience, l’adaptation et la reconstruction.

 

Il sera l’occasion d’échanger sur les bonnes pratiques et de définir les mécanismes de financement innovants pour augmenter les moyens financiers.

 

Il est également important de définir les instruments visant à renforcer le respect du Droit International Humanitaire et des Droits de l'Homme, en particulier la protection des civils et du personnel humanitaire qui sont souvent pris pour cibles dans les conflits armés.

Il est attendu de ce sommet de jeter les bases pour une meilleure coopération multilatérale et une coordination plus approfondie de l’action humanitaire.

Pour pallier les importantes lacunes en termes de financement, il est important de faire recours à de nouveaux acteurs tels que la Diaspora et le secteur privé. C’est dans ce cadre que l’ADNE a tenu à contribuer à ce sommet important. Les enjeux sont énormes ; ne laisser personne à la traîne est un des moyens efficaces pour trouver des réponses adéquates.

Les recommandations de l’ADNE  mettent l’accent sur la nécessaire coordination de l’action humanitaire et son efficacité, la réduction de la vulnérabilité, la gestion et la prévention des risques, la prise en compte de nouveaux défis tels que la question des réfugiés climatiques, l’implication de nouveaux acteurs en particulier la diaspora  et le secteur privé, le besoin de réponses innovantes notamment en matière de mobilisation de moyens financiers et de l’acheminement de l’aide dans les zones de conflits etc.

 

 

L’ADNE,

-          vu les résolutions des Nations Unies 46/182 de 1991 et 58/114 de 2003 sur le renforcement de la coordination de l'aide humanitaire d'urgence[1] ,

-          vu la quatrième Convention de Genève de 1949 et ses protocoles additionnels de 1977,

-          vu la convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant du 20 novembre 1989 et son Protocole facultatif concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés, du 25 mai 2000, vu les orientations de l'Union européenne sur les enfants face aux conflits armés (mise à jour en 2008),

-          vu le Code de conduite pour le Mouvement International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les lignes directrices applicables, notamment celles de l'UNICEF et de l'UNESCO,

-          vu le Consensus européen sur l’aide humanitaire de 2007[2] signé par la Commission, le Conseil, le Parlement européen et les États membres, et son plan d'action, 

-          vu les travaux du groupe de haut niveau des Nations unies sur le financement humanitaire,

-           vu les lignes directrices relatives à la promotion du Droit International Humanitaire du Conseil de l’Union Européenne  de 2009[3],

-          vu la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies n° 64/290 du 9 juillet 2010 sur le droit à l'éducation dans les situations d'urgence[4] et les lignes directrices applicables, notamment celles de l'UNICEF et de l'UNESCO,

-           vu les Directives d’Oslo de 2006 (révisées en 2007)[5] ;

-          vu les Directives et références civiles-militaires pour les situations d’urgence complexes de mars 2003[6],

-          vu le Programme d’action d’Addis-Abeba[7] issu de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement qui s’est tenue du 13 au 16 juillet 2015,

-          vu le Programme pour le changement (2011)[8] entériné par le Conseil de l’UE le 14 mai 2012 préconisant de chercher de nouvelles formes d'engagement avec le secteur privé afin de mobiliser ses ressources,

-          vu la communication de la Commission européenne intitulée "Un rôle plus important pour le secteur privé en vue de parvenir à une croissance inclusive et durable dans les pays en développement"[9] ainsi que les conclusions du Conseil européen du 23 juin 2014 et du 12 décembre 2014 s'y rapportant,

-          vu les principes « do no harm » [ne pas nuire] et les standards relatifs aux activités de protection et d’aide humanitaires menées par les organisations humanitaires et de défense des Droits de l’Homme lors de conflits armés et d’autres situations de violence[10],

-          vu la déclaration politique et le plan d’action  du sommet de la Valette du 11 au 12 novembre 2015[11],

-          vu les interventions contre la violence à caractère sexiste dans les situations de crise humanitaire,

-           vu le cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030, adopté par la troisième conférence mondiale des Nations unies sur la réduction des risques de catastrophe, qui s'est tenue du 14 au 18 mars 2015 à Sendai (Japon)[12],

-          vu le résultat de la 32ème conférence internationale du mouvement international de la Croix Rouge et du Croissant-Rouge qui s’est tenue  du 8 au 10 décembre 2015 à Genève,[13]

-          vu le rapport 2015 du programme Global Humanitarian Assistance[14],

-          vu le rapport de juin 2015 sur l'état de l'aide humanitaire internationale[15],

-          vu la décision n° 1313/2013/UE du Parlement européen et du Conseil européen du 17 décembre 2013 relative au mécanisme de protection civile de l'Union[16],

-          vu le document de travail des services de la Commission européenne intitulé "Gender in Humanitarian Aid: Different Needs, Adapted Assistance"[17],

-          vu le rapport annuel de la Commission européenne au Parlement européen et au Conseil sur les politiques de l'Union européenne en matière d'aide humanitaire et de protection civile et leur mise en œuvre en 2014[18],

-          vu les conclusions du Conseil de l’Union européenne du 22 juin 2015 sur les principes communs régissant l'assistance multifonctionnelle par transfert d'espèces destinée à répondre aux besoins humanitaires[19],

-          vu les conclusions du Conseil de l’Union européenne sur un nouveau partenariat mondial pour l'éradication de la pauvreté et le développement durable après 2015[20],

-          vu les conclusions du Conseil de l’Union européenne du 28 mai 2013 sur l'approche de l'UE sur la résilience[21],

-          vu les conclusions du Conseil du 5 juin 2014 concernant le cadre d'action de Hyogo post-2015: gérer les risques pour parvenir à la résilience[22],

-          vu la communication conjointe du 9 septembre 2015 intitulée "Faire face à la crise des réfugiés en Europe: le rôle de l'action extérieure de l'UE"[23],

-          vu les résolutions de l’Union européenne du 10 septembre 2015 sur les migrations et les réfugiés en Europe[24] et du 29 avril 2015 sur les récentes tragédies en Méditerranée et les politiques de migration et d'asile de l'Union européenne[25],

-          Vu la déclaration conjointe des associations de la diaspora africaines en Europe intitulée  «Joint Declaration of African Diaspora organizations for the Valletta Summit on Migration » du 09 novembre 2015,[26]

-          vu l'agenda 2030 du développement durable et les objectifs de développement durable (ODDs) adoptés par le Sommet des Nations unies sur le développement durable de  Septembre 2015 ;

-          vu l’Accord de Paris[27] sur le changement climatique adopté lors de la COP21 en décembre 2015[28]

 

A. considérant l’évolution du contexte mondial en particulier l’augmentation du nombre, de la fréquence et de l’impact des catastrophes naturelles , des famines, des dégâts climatiques, des conflits internes et régionaux et d’autres crises complexes doublées de la multiplication de nouvelles problématiques telles que l'urbanisation, la croissance démographiques etc. ;  

B. considérant que l'aide humanitaire et le développement sont interconnectés, en particulier en ce qui concerne la capacité de résilience aux catastrophes, la réduction des risques et la protection contre les dégâts ;

C. considérant que la complexité des enjeux humanitaires ainsi que le lien entre la pauvreté et la vulnérabilité nécessitent que des réponses multidimensionnelles dépassant l’aide humanitaire d’urgence soient envisagées  et qu’il y ait une véritable coordination et cohérence de politiques du secteur humanitaire d’urgence et celles du secteur du développement ;

D. considérant qu’en 2014, parmi les 5 pays ayant le pourcentage de populations touchées par une crise ou catastrophe humanitaires le plus élevé, 4 se trouvent sur le territoire africain (Sierra Leone, Libéria, Sud Soudan et République Centrafricaine)  et que le dernier Rapport sur l’aide humanitaire fait figurer le Soudan et le Soudan du Sud parmi les 5 principaux bénéficiaires  de l’aide humanitaire en 2013 ;

E. considérant  que le niveau de vulnérabilité est très élevé dans les régions les plus reculées du monde et  que les lacunes en matière de santé, d'hygiène, d'éducation, de nutrition, d'hébergement etc. aggravent le manque de capacités des pouvoirs locaux et nationaux à faire face aux désastres ; 

F. considérant que l'aide humanitaire est fondée sur les besoins tels qu'évalués par les acteurs humanitaires mais que l’évaluation de ces besoins n’est pas souvent fiable et exhaustive;

G. considérant la rigidité du mandat  international des casques bleus qui empêche souvent des interventions d’urgence vitales pour protéger les populations en danger ;

H. considérant l’importance des valeurs universelles de dignité, d’intégrité et de solidarité qui sous-tendent l’action humanitaire et considérant que la responsabilité des forces onusiennes n’est pas souvent  engagée pour non-assistance à personnes en danger;

I.  considérant les conditions de précarité et le manque de structures éducatives  dans les camps de réfugiés ;

J. considérant que l’importance de l’éducation des enfants dans les camps de réfugiés n’est pas prise en compte comme outil de guérison morale et de soulagement de traumatismes subis lors des situations de conflits ou de catastrophes naturelles ;

K. considérant les enjeux relatifs à l’insuffisance de l’aide humanitaire et son acheminement dans les zones de conflits;

L. considérant qu’il existe certaines contradictions entre les principes de non-ingérence et de la souveraineté des Etats  et le besoin de protection des civils et d’intervention humanitaire ;

M.considérant l'écart entre les besoins colossaux en aide humanitaire et les moyens disponibles ;

N. considérant l’engagement formel des États membres de l’Union européenne à consacrer collectivement 0,7% du RNB (Revenu National Brut) à l’aide publique au développement ; que tous les pays n’ont pas honoré leurs engagements et que l’aide collective de l’Union européenne atteint péniblement 0,40% de son revenu national brut (RNB);

O. considérant le désenchantement des donateurs quant aux résultats de l'aide au développement classique ;

P. considérant l’urgence liée à recherche de moyens novateurs et plus efficaces pour apporter des solutions à long terme et des réponses efficaces face aux besoins des personnes touchées par des conflits et des catastrophes naturelles ;

Q. considérant l’apport que pourrait constituer le secteur privé et les diasporas non seulement pour générer les fonds supplémentaires, mais aussi pour renforcer la pratique et l’efficacité de la coopération au développement et l’action humanitaire ;

R. considérant l’importance de la transparence du processus de sélection des partenaires privés et de la société civile et la prise en compte dans l'élaboration du projet des intérêts de toutes les parties ainsi qu'un consensus sur les objectifs à atteindre;

S. considérant que l’Union européenne et les acteurs internationaux défendent l’engagement accru du secteur privé et de la diaspora en faveur du développement, notamment à travers des instruments tels que les fonds de mixage pour une plus grande synergie entre le privé et le public  mais que les outils mis en place pour renforcer l’implication de ces acteurs sont très faibles ;

T. considérant que les liens existants entre la diaspora et leur pays d’origine constituent un haut potentiel en terme de connaissance du contexte, d’échange d’expérience mais aussi de financement mais que ce potentiel n’est pas suffisamment exploité ;

U. considérant que le coût moyen de transfert de fonds est élevé et que le manque d’infrastructures adéquates dans les zones rurales les plus reculées engendre une perte colossale de la valeur ajoutée des fonds de la diaspora ;

V. considérant que dans beaucoup de cas, les diasporas réagissent face aux catastrophes en fournissant des fonds collectifs, des biens et des services, des informations techniques sur les catastrophes et en organisant des événements pour recueillir des contributions;

W. considérant qu’il est important de renforcer le rôle de la diaspora dans le cadre du développement  et de l’aide humanitaire;

X. considérant la faible proportion des investissements privés dans les infrastructures des pays en développement (20% des investissements totaux);

Y. considérant le faible accès aux services publics de santé, de l'éducation, et le faible niveau de redistribution des revenus dans les pays en développement ;

Z. considérant le manque général de sécurité dans les camps de réfugiés, la recrudescence des viols contre les femmes et les enfants et l’impunité qui caractérise ces cas ;

Coordination stratégique de l’aide humanitaire

 

1. salut la décision du secrétaire général des Nations unies de tenir un premier sommet humanitaire mondial multilatéral à Istanbul en Turquie ;

2. apporte son soutien à ce sommet important et ajoute sa contribution au moyen d’une déclaration  afin d’aider à l’amélioration de la planification stratégique et  la coordination de l’action humanitaire ;

3. souligne l’importance pour les acteurs concernés d’élaborer conjointement un tableau de bord exhaustif pour l’efficacité humanitaire ;

4. rappelle l’interaction entre aide humanitaire et coopération au développement , l’importance de mettre  l’accent sur le développement durable des pays touchés par les crises humanitaires et la prévention contre tout risque de crise en agissant sur les trois phases « ante », « inter » et « post » crise ; invite à ce titre tous les acteurs à renforcer de façon véritable le lien entre les programmes de développement pour l’agenda 2030, le cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes et la conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP21) ;

5. souligne l’importance de la cohérence entre les politiques visant à développer la résilience aux catastrophes ; appelle les participants aux sommet à s'engager en faveur d'une approche intégrée et axée sur des actions robustes et efficaces sur tout le cycle de l'action humanitaire allant de la prévention, la résilience, la préparation, l’adaptation à la reconstruction.

 

Respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme

 

6. s’indigne du comportement de certains pays de l’Union européenne lors de la crise migratoire, exige que le principe de la dignité humaine soit rappelé dans la problématique d'accueil des réfugiés et demande à ce que les mécanismes favorisant l'autonomie des réfugiés en leur donnant l’accès aux moyens de subsistance et aux outils de réinstallation dans les pays d’accueil soient renforcés;

7. se préoccupe de l’insécurité dans les camps de réfugiés et des cas de viols contre les femmes  et les enfants à l’intérieur et à l’extérieur des camps de réfugiés ;

8. invite tous les acteurs à mettre la protection au cœur de l'action humanitaire  et insiste sur la nécessité de renforcer le respect des droits de l’homme et des droits des personnes vulnérables, notamment des femmes, des jeunes, les malades, les handicapés et les autres minorités ;

9. exige une amélioration de la réglementation régissant l’implication des acteurs politiques et militaires dans l’agenda politique, afin, notamment, de ne pas mêler action humanitaire et intentions politiques ;

10. demande une élaboration des lignes directrices sur des scénarios spécifiques à certains contextes précisant les rôles des intervenants et définissant les critères de déclenchement de l’aide international ;

11. exige la réforme du système de mandat international lorsque la situation nécessite une intervention d’urgence pour la protection des populations civiles;

12. exhorte les acteurs concernés à exiger l’engagement de la responsabilité de l’ONU en cas de non-assistance aux personnes en danger ou la mise en danger des personnes par les agents et forces d’intervention ;

13. demande que tous agents humanitaires y compris la police, l'armée, les volontaires etc. reçoivent  des formations sur le respect des Droits de l’Homme et du Droit Humanitaire;

14. demande qu'aucune impunité ne soit possible pour les auteurs des actes de violation des droits de l'homme, des viols contre les femmes et les enfants et tout autre acte mettant en danger les vies humaines ;

15. exhorte tous les acteurs à renouveler leur engagement commun au principe de responsabilité collective en matière de protection des vies humaines et de fourniture d’assistance humanitaire ;

La protection et l’éducation des enfants dans les situations humanitaires

16. exhorte tous les acteurs à placer la protection et l’éducation des enfants au centre des interventions humanitaires pour prévenir les mauvais traitements, l'exploitation et les violences à l’ encontre des enfants ;

17. souligne qu'il importe de créer  des espaces de prise en charge systématique des enfants dans les situations humanitaires pour leur permettre de guérir de leur traumatisme et nourrir un espoir pour l’avenir ;

18. demande à ce qu’un appui significatif soit apporté aux organisations qui fournissent une assistance et une éducation aux enfants dans les cas humanitaires ;

19. appelle pour un recours accru aux  jeunes dans les processus de préparation et de reconstruction humanitaires à travers des campagnes de sensibilisation et l’organisation de cours humanitaires dans les régions à risque.

 

Protection des femmes et lutte contre les violences et les viols envers les femmes

 

20. souligne la place centrale mais vulnérable de la femme dans les situations de conflit ; insiste pour que la dimension genre soit intégrée dans l’action humanitaire et que les mesures soient prises pour renforcer leur protection et leur accès à l’aide d’urgence ;

21. s’indigne des cas de viols et de violences faites contre les femmes et les jeunes filles  devenus « une arme de guerre »; demande à ce que de mécanismes soient mis en place pour lutter contre les risques de viols et d’autres formes de violences faites aux femmes ;

22. exhorte tous les acteurs à soutenir la mise en place des instruments pour la prise en charge appropriée des femmes victimes de viols, y compris un accompagnement psychologique,  la création d’espaces de divertissement et d’expression ; l’organisation d’activités de sensibilisation, leur assurer l’accès aux services de santé sexuelle, à l'avortement médicalisé, etc.

23. demande la mise en place des commissions spéciales pour enquêter sur les cas de violations des droits des femmes dans les situations de conflits afin de poursuivre les auteurs de tels actes et d’établir une  justice pour les victimes.

 

Déploiement de l’aide humanitaire dans les zones de conflits

 

24. souligne que l’accès à la nourriture, à  l'eau, à l’hébergement, aux équipements sanitaires et aux soins médicaux constitue un droit primordial à assurer d’urgence pour les personnes en situation humanitaires ;

25. rappelle le risque accru d'épidémies et de maladies transmissibles causé par les conditions précaires d'assainissement, l'accès limité à l’eau potable et l’accès limité aux médicaments lors des crises humanitaires; exhorte tous les acteurs à renforcer la fourniture suffisante de l’aide et des médicaments dans les zones de crise humanitaires en mettant en place notamment des laboratoires mobiles pour renforcer la lutte anti épidémies et en renforçant la rapidité de la mise en place des infrastructures sanitaires d'urgence; 

26. souligne les difficultés d’acheminement de l’aide dans les zones de conflits et appelle à la mise en place de solutions innovantes tels que l’utilisation de drones conçus  pour distribuer de l'aide humanitaire et médicale ;

27. condamne fermement les attaques récursives contre les structures humanitaires, et les hôpitaux qui menacent fortement la mobilisation des volontaires et des agents humanitaires; exige qu’il soit mis en place des instruments juridiques et matériels adéquats pour la protection des agents humanitaires et infrastructures humanitaires ;

28. exige la mise en place d’instruments juridiques et matériels efficaces pour faciliter l'acheminement de l'aide, en particulier l’exonération fiscale pour cause humanitaire, la réduction des coûts d’envoi de fonds de la diaspora, la diminution des procédures douanières, l’exigence pour tous les Etats de retirer les barrières, quelles qu’elles soient, pouvant entraver la flexibilité et l’acheminement de l’aide humanitaire.

 

Rôle des acteurs locaux dans l’aide humanitaire

 

29. rappelle le rôle joué par les acteurs locaux dans la mise en place des programmes visant la réduction des risques de catastrophes et la résilience et demande à ce que des programmes de sensibilisation soient mis à la disposition des acteurs locaux pour les aider à mieux comprendre les risques de catastrophe, à renforcer la gouvernance en matière de gestion et de réduction de risques de catastrophes, d’adaptation ; à promouvoir mettre en œuvre des plans d'urgence et des systèmes d'alerte précoce, et à préparer la réhabilitation et la reconstruction post-crises ;

30. demande de fonder l’aide humanitaire sur le double principe de subsidiarité et de solidarité avec les acteurs locaux/ nationaux/ régionaux comme premiers intervenants et la communauté internationale comme appui complémentaire afin d’accroitre l’émergence d’acteurs nationaux des pays à risque et leur donner les capacités nécessaires pour réagir rapidement et gérer l’impact des crises humanitaires ;

31. souligner l’importance d’apporter une réponse humanitaire rapide, efficace et appropriée, basée sur les besoins des populations touchées, acteurs de la situation et non réductibles à de simples récipiendaires ;

32. souligne la nécessité d'adapter le système d'action humanitaire aux exigences locales, nationales et régionales, de renforcer l'autonomie des populations touchées, notamment des femmes de tous âges, des enfants et des personnes en situation de handicap, des minorités et des populations indigènes, et de coopérer avec celles-ci sur une base régulière, ainsi que de reconnaître leur rôle en tant qu'agents du changement en veillant, dans la mesure du possible, à ce que ces populations soient consultées, au préalable et a posteriori, dans le contexte de la planification et de la mise en œuvre de l'aide humanitaire;

33. souligne l’importance de s'appuyer sur les actions existantes au niveau local/ national/régional pour éviter la duplication des efforts ; insiste pour que la planification et la mise en œuvre de l’action humanitaire implique véritablement les autorités locales, la société civile, le secteur privé et les populations touchées par les crises ;

34. exhorte les gouvernements africains et les autres pays en développement de garantir un environnement sûr et sécurisé à l’action humanitaire par le biais d’un cadre juridique et stratégique propre à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire;

 

Rôle du secteur privé dans le financement de l’aide humanitaire

 

35. demande de poursuivre les efforts dans l’augmentation du financement de l’aide humanitaire afin que tous les besoins soient satisfaits ;

36. exige la prise en compte du secteur privé dans l’aide au développement et humanitaire, notamment la capacité du secteur privé local et des petites entreprises qui ont été particulièrement ignorées dans l’élaboration de plans de gestion des catastrophes;

37. exhorte les acteurs concernés à renforcer l’implication des entreprises privées dans la recherche de solutions aux problèmes du développement durable, en appliquant leur créativité et leur volonté d’innovation;

38. demande le renforcement du  partenariat avec le secteur privé dans le processus de développement durable et dans l’action humanitaire pour l’inviter à passer à des modes de production et de consommation plus durables et plus respectueux de la nature ;

39. demande à ce que le secteur privé n’apporte plus que de l’aide en espèces et des dons en nature, mais partage également son expertise technique et autres compétences essentielles;

40. exhorte les acteurs concernés à s’appuyer sur le secteur privé dans d’autres domaines tels que les secours après les catastrophes, le relèvement et la réduction des risques de catastrophes ;

 

Rôle de la diaspora dans le financement de l’aide humanitaire

 

41. rappelle que  les fonds de la diaspora ont atteint, ces dernières années, des sommes supérieures au montant de l’aide publique au développement (APD) ;

42. demande à tous les acteurs de soutenir les actions initiées par la diaspora dans le domaine du développement et de l’aide humanitaire ;

43. exhorte tous les acteurs à soutenir des plateformes de coordination des efforts de la diaspora telles que l’ADNE pour les aider à localiser les ressources et les compétences de la diaspora dans le domaine du développement et humanitaire ;

44. exhorte les acteurs concernés à faire recourt aux diasporas qui possèdent la meilleure information sur l’état de lieux des zones sinistrées et la connaissance des populations touchées et des communautés locales concernées par l'intervention humanitaire ;

45. insiste pour que les experts de la diaspora soient inclus dans les équipes d’intervention pour indiquer la meilleure façon de répondre à une crise, ou encore localiser les personnes déplacées;

46. exige une plus grande inclusion de la diaspora dans la coordination de l’aide humanitaire pour assister les organisations locales et aider à l’amélioration et la canalisation efficace de l’assistance ;

47. exhorte tous les Etats à mettre en place des mesures visant à renforcer  le niveau et l’efficacité de l’usage des transferts de fonds de la diaspora en particulier la baisse des coûts des virements financiers et des transferts et appelle au soutien de la création des fonds de la diaspora pour soutenir l’action humanitaire ;

 

Renforcement des infrastructures et l’innovation

 

48. souligne le rôle important que joue l'innovation dans l’amélioration des conditions d’acheminement de l’aide humanitaire; demande à tous les Etats d’appuyer les initiatives visant à améliorer l'innovation dans la création des infrastructures d’accueil et d’urgence ;

49. rappelle le rôle joué par les nouvelles technologies d’information dans la mise en œuvre de l'action durant tout le processus allant de la prévention des catastrophes à l’acheminement de l’aide vers les zones sinistrées ;

50. se félicite de l’évolution du numérique dans les pays en développement et exhorte les acteurs concernés à s’appuyer sur cette évolution positive pour renforcer les systèmes d'alerte précoce et la communication rapide d'informations relatives aux questions humanitaires telles que la prévention contre les épidémies et les maladies infectieuses dans les zones à risque ;

51. demande vigoureusement à l’Union européenne, à l’Union africaine, aux gouvernements, aux décideurs politiques et à tous les acteurs qui joueront un rôle déterminant dans la définition et l’application des décisions du Sommet humanitaire mondial d’Istanbul de prendre en considération ces recommandations.

 

EQUIPE DE RÉDACTION

 

 Masala Boly

Rama Lionel Ngenzebuke

Tessa Bwandinga

Odile Ndembele Miandabu

Allegra Tshibanda

 

Supervision:

Marie Chantal Uwitonze